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Nos chiens et l’eau

Son goût pour l’eau est-il inné?

Cette question renvoie au concept d’instinct. Normalement, les instincts répondent à des besoins fondamentaux comme se nourrir ou se reproduire. Donc, si nous tendons à vouloir prétendre que le goût de l’eau est instinctif chez le terre-neuve, il faut prouver qu’il répond à un ou des besoins chez ce chien.

A notre époque, c’est loin d’être évident. Par contre, il y a trois cent ans, sur l‘île de Terre-Neuve, cela pouvait à la limite se concevoir : les chiens qui vivaient sur les côtes avec les pêcheurs devaient aider ces derniers dans leurs tâches. Le concept de chien de compagnie n’existant pas à l’époque, s’ils voulaient être nourris, les chiens devaient se mouiller et travailler pour leurs maîtres. Ils étaient donc amenés à être « opérationnels » en milieu aquatique afin de garder toute la confiance de leurs maîtres et d’être nourris. En ce sens, une conception instinctive pour l’eau peut être admise. Et l’attirance pour l’élément liquide a pu se transmettre par voie héréditaire jusqu’à notre époque.

Pourtant, aujourd’hui, si le chien terre-neuve continue de travailler à l’eau, c’est uniquement à notre demande. En effet, s’il ne le fait pas, il n’en est pas pour autant banni ou plus nourri ! C’est donc qu’il y trouve d’autres motivations, du plaisir. A nous d’entretenir cet état de fait. Car cet atavisme peut se perdre s’il n’est pas entretenu. Nous savons qu’en fonction des expériences vécues par des générations successives de chiens, les instincts évoluent. Nous pouvons donc facilement imaginer de ce qu’il adviendrait de l’amour légendaire pour l’eau des Terre-Neuve issus de lignées dont on aurait favorisé – admettons un siècle- uniquement l’activité d’exposition de beauté. Ceci peut expliquer pourquoi, peut-être, certains terre-neuve vont moins facilement à l’eau que d’autres. En outre, gardons en mémoire que sur l’île de Terre-Neuve, tous les chiens n’étaient pas dévolus aux activités aquatiques : ceux qui vivaient à l’intérieur de l’île ne travaillaient pas en mer. Nous pouvons donc fortement douter d’un atavisme pour l’eau de la part des lignées issues de ces géniteurs.

C’est pourquoi, en résumé, nous affirmerons que, si, certes, le chien de race de race terre-neuve a un goût inné pour l’eau, l’intensité de cette inclination varie d’un chien à l’autre. Il appartient donc au maître de chercher à développer progressivement cette propension, peu importe qu’elle soit prononcée ou non.